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| | | | | | Anais Kaël | | | Chansons coquelicots trashs | | | Lauréate du Grand Zebrock
Machos de tous poils, planquez vos abatis ! Anaïs Kaël déboule avec son " Coquelicot Trash ", formule fleurie pour définir ses refrains corrosifs. Déjà, son nom évoque une plante, suave ou vénéneuse ? Un peu les deux. Seulement armée d'un piano et d'une voix, elle évoque au premier abord la grosse Juliette. Et, c'est vrai, pour Anaïs, la chanson est un bon moyen de régler ses comptes avec la société masculine. Elle n'a pas peur de choisir les mots les plus crus pour décrire des situations malheureusement banales et douloureuses que vit souvent une femme. Anaïs Kaël n'est pourtant pas du genre féministe bornée. On devine sous sa charge contre le mâle un réel mal de vivre en bonne intelligence avec cette autre moitié de l'humanité. Et je la soupçonne, finalement, d'aimer les hommes. D'un amour sans concession, qui ne supporte pas la médiocrité et la lâcheté. Ce disque brut, comme réalisé d'un seul trait, procure un curieux plaisir masochiste. L'univers d'Anaïs Kael est lesté de propos acides, de mots qui écorchent, d'accords d'un piano meurtri. Une musique qui vous rabote l'âme. Ca dérange, ça remue les tripes, ça remet en question. On écoute, choqué mais attendri et, bien qu'homme, avec toutes ses faiblesses, on en vient à reconnaître que, comme disait si bien le poète, la femme est l'avenir de l'homme.
Christophe Rossi
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