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| | | | | | Au programme de Zebrock au bahut « Pavillons Sous Bois » | | | La presse s’est fait écho de la vive réaction de M. Dallier, Sénateur-Maire des Pavillons-sous-Bois, à l’inscription de la chanson de Bertrand Soulier, « Pavillons Sous Bois » au programme de l’édition 2008/09 de Zebrock au bahut.
| | | Rappelons que 65 classes prennent part à cette action éducative musicale conduite depuis bientôt 20 ans en Seine Saint-Denis, en partenariat avec le Conseil général de Seine Saint-Denis, le Conseil régional d'Ile-de-France, les service de l’Etat (Drac, Cucs…), le Fonds d’action Sacem et avec le soutien du Rectorat de Créteil.
La chanson
Après avoir évoqué la nostalgie d’une enfance heureuse dans cette ville, le texte dit :
.../…
Je ne retournerai plus là-bas
L’enfance est un monde englouti
Comme l’Atlantide
Comme le Conforama
Tout a brûlé, tout est pourri
Je n’verrai pas l’église
Ni la mosquée
Le Maire Front Nat’
Et la boucherie Hallal
Car mon Toulouse,
Ils l’ont tout abîmé
Strawberry Fields,
Ils lui ont fait trop de mal
…/…
Nous souhaitons apporter les précisions suivantes quant à la compréhension de la chanson.
Cette chanson appartient à l’album Discorama ou le best of imaginaire de Bertrand Soulier (son premier) album conçu comme le recueil de pages de la vie du narrateur, chaque chanson faisant elle-même référence (ou révérence) à une chanson d’un autre artiste, ici le « Genève » de William Sheller, sa ville, comme Pavillons-sous-Bois est celle où a grandi Bertrand Soulier. Dans cette chanson, écrite récemment, mais mise dans la bouche du narrateur à la fin des années 1980, Bertrand Soulier évoque avec une grande tendresse et une jolie plume, ses années « madeleine », celles d’une enfance heureuse et espiègle dans une ville assez chaleureuse qu’il met en contraste avec ce qu’il redoute qu’elle devienne après que le Front National y eut, comme dans beaucoup de villes de Seine Saint-Denis, fait des scores inquiétants. Cette ville qu’il redoute, qu’il craint de voir advenir, minée par les communautarismes et les déchirements, il ne souhaite pas la connaître, il préfère partir.
Voici ce que dit la chanson.
Il va de soi qu’en aucun cas, M.Dallier ou ses prédécesseurs ne sont désignés ici. Bertrand Soulier a eu l’occasion de dire, abasourdi, qu’il n’avait aucune intention de nuire à qui que ce soit, particulièrement pas à sa ville natale dont il continue d’être l’enfant attentif. Issu d’une famille installée aux Pavillons-sous-Bois depuis plusieurs générations, il en a fréquenté le conservatoire de musique, puis celui de Bobigny avant d’entrer au Conservatoire national supérieur de musique de Paris, puis de poursuivre ses études musicales aux Etats-Unis. Installé en province, il continue de se vivre comme un « gosse de la Seine Saint-Denis ».
Comme bien des chansons, « Pavillons Sous Bois », relève du domaine métaphorique et fictionnel et prend la liberté de forcer le trait quand l’artiste souhaite donner du poids à son propos.
Notre choix pour Zebrock au bahut
Cette chanson d’un brillant auteur (sélectionné par l'ADAMI pour le Prix Bruno-Coquatrix, Bertrand Soulier écrit également pour de grands noms de la chanson) figure au programme de Zebrock au bahut : « La musique, mes parents et moi, et moi et moi… ». Les vingt chansons sélectionnées (de Félix Leclerc à Claire Diterzi en passant par Juliette Gréco et Abd Al Malik) sont appelées à être commentées et appréciées par les élèves, à la faveur d’interventions pédagogiques de plusieurs heures que l’équipe de Zebrock conduit dans chacune des classes (des sorties au concert et des rencontres artistiques complètent le programme dont la finalité est un travail écrit, un journal de classe). Notre objectif de favoriser, au prétexte de la musique, des échanges dans la famille et d’en mettre le résultat en partage dans la classe nous semble particulièrement conforté par ce choix. Il s’agit avec cette thématique de comprendre comment la musique traverse les générations et le territoire, par la discussion des élèves dans leur famille: parents, grands-parents, frères et sœurs.
Or cette chanson combine deux aspects importants au regard du projet : le rapport au territoire et le déroulement narratif sur plusieurs époques, à la fois intimes (enfance, vie adulte) et dans l’espace public. Elle a donc été retenue pour son inscription de fait dans notre territoire, la Seine Saint-Denis et pour ses qualités narratives, musicales et expressives. Elle se déroule dans le temps, sur les trente dernières années en Seine Saint-Denis. Son évocation de la RN3 - un des axes majeurs du département appelé à connaître d’importantes modifications ; ses allusions subtiles à des évènements réels (l’incendie du Conforama) ou à des souvenirs partagés (voir le fameux feuilleton l’Homme du Picardie, quand on habite dans une ville traversée par un canal…) ; la sobriété de son accompagnement, nous semblent bien nourrir le travail demandé aux élèves.
Notre responsabilité
Les interventions dans les classes s’efforcent de donner toutes les clefs de compréhension des chansons proposées. Chaque saison, celles-ci sont choisies avec le plus grand soin dans le répertoire des cinquante dernières années et font l’objet de commentaires et discussions francs, complets et exigeants, comme les élèves le méritent. Les précisions apportées plus haut sont développées lors de la présentation de la chanson en classe. Conformément aux principes et à l’éthique de notre projet, nous allons éditer cette notice complémentaire afin de ne laisser aucune zone d’ombre dans la compréhension de cette chanson. Comme nous le faisons pour chacun des artistes concernés, nous allons demander à Bertrand Soulier de venir commenter et discuter de sa chanson (et des autres) avec les classes participantes. Le compte-rendu de ces rencontres sera accessible sur www.zebrockaubahut.net.
Edgard Garcia, directeur de Chroma/Zebrock
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| | | | | | | Voir aussi le site et blog de Bertrand Soulier www.bertrandsoulier.com | |
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